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© Jaguar Arte 2019

Cali au coeur, Emci Rimas fait de l'art un combat pour l'environnement

L’équipe de Jaguar Arte vous emmène cette semaine à la rencontre d’Emci Rimas, artiste hip-hop originaire de Cali, en Colombie.

© Angélica Olaya

Il lui suffit de ses balades quotidiennes dans les rues de Cali pour trouver l’inspiration. Poète et artiste hip-hop, Samir Campo Gallego est connu en Colombie sous son nom de scène : Emci Rimas. Tantôt à pieds, tantôt en skate, il aime se rendre de sa maison familiale à son petit café-librairie favoris, La Cafebrería.


Son dernier morceau porte le nom de « Cali ». Emci Rimas y distille avec verve un hommage à sa ville natale nichée entre la cordillère occidentale et le fleuve Cauca. Les paroles sont écrites « comme une succession de photographies » explique l’artiste de 31 ans. Pour le comprendre, il suffit d’en traduire un extrait : « En disposant mes doigts devant mes yeux, j’encadrerai tes montagnes, tes forêts, tes fougères, chênes noirs, tes des sommets plus hauts. »


Du hip-hop, entre poésie et photographie


Samir Campo Gallego a commencé a étudier la photographie un peu par défaut. Après un cursus en philosophie il souhaite intégrer la filière musique mais échoue à l’examen d’entrée. Alors, pupille collée au viseur d’un appareil, index sur l’obturateur, il apprend à figer ce qui l’entoure. Le bassin d’une femme, une succession de toits inégaux cadrés derrière une fenêtre, les montagnes qui surplombent Cali découpées sur un ciel clair… « Ça m’a permis de prêter attention à la lumière, aux petits détails, de raconter ce que je voyais d’une autre manière, c’est devenu une passion » assure-t-il.



C’est avant tout le hip-hop qui le faisait vibrer depuis sa tendre adolescence. « Quand j’étais enfant, je trouvais ça lugubre, mais un jour j’ai entendu un groupe de rap dans mon quartier et ils m’ont tellement plu que je me suis dit : moi aussi je veux faire ça » se souvient Emci Rimas. Tout a alors changé pour le jeune garçon qui rêvait de devenir médecin légiste, comme son grand père. A seulement 16 ans, il enregistrait un album en studio en duo avec un ami. Puis vient en 2014 de son premier disque en solitaire, La Esencia del Alma [L’Essence de l’Âme] chez le label Zalama Records. Il y affirme ce qui le distingue : un mélange entre poésie, hip-hop et jazz. La même année, l’un ses ses singles, « Oleografía » est joué en boucle sur Radiónica, radio nationale colombienne.


Un message pour la planète, à Cali et ailleurs


Depuis ses débuts, il rêve de se faire connaître au-delà des frontières de la Colombie. Pour lier hip-hop, poésie et philosophie, il a fondé le festival Katharsis, dont la 3e édition aura lieu en octobre prochain à Cali. Emci Rimas s’envolera ensuite pour une tournée au Japon.


© Angélica Olaya

À travers ses morceaux, il compte bien porter un message pour la planète. « Des millions de voix s’unissent pour demander d’arrêter la pollution, demander d’arrêter la déforestation, demander d’arrêter l’extinction [des espèces] » scande-il sur fond de beats aux accents jazzy, dans son single « Deshojando el cielo » [ Effeuiller le ciel ] sorti en 2014.



« C’est quelque chose que je ressens profondément confie l'artiste à Jaguar Arte. Cali, ce n’est pas seulement la capitale de la salsa, il y a aussi ses gens, ses quartiers populaires, ses montagnes, ses oiseaux, ses sept cours d’eau dont la plupart sont souillés. En écrivant ces textes, j’ai l’impression de m’acquitter d’une dette envers ma ville natale, envers les indigènes et envers la nature. »


Chloé Cosson