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© Jaguar Arte 2019

La ruta del Jaguar, un voyage dans les musées d'Amérique Latine

Mis à jour : 3 févr 2019


Illustration: Marcela Mccormick

Une mâchoire puissante. Des yeux perçants. Un camouflage tacheté en guise de peau. Voici qui se dresse devant nous le dieu Jaguar, maître absolu du continent latino-américain. Des forêts du Mexique au pantanal brésilien, en passant par les terres arrosées de la province argentine de Formosa, son territoire ne connaît pas les frontières des hommes. Il est chez lui partout et gare à celui qui viole cette loi indicible. Néanmoins, sa vie ne tient qu’à un fil, ou plutôt à une lame de tronçonneuse qui le prive aveuglément de son habitat et de son garde-manger. Mais revenons plutôt aux origines, à la source de son pouvoir, autrefois absolu.


Les aztèques voyaient en le Jaguar le symbole de la force suprême et du courage et pensaient que le Dieu du Soleil revêtait l’apparence de ce félin pour parcourir le monde des morts, une fois la nuit tombée. Tantôt incarnation de la puissance, tantôt messager divin, le jaguar est incontestablement l’animal sacré le plus important de la cosmogonie précolombienne.


Face aux menaces, le noble jaguar, en revanche, fidèle à l’appel de sa terre, de ses terres, a continué de mouler sa démarche féline dans les pas de ses ancêtres et d’emprunter la même route : la route du jaguar. Lui seul peut nous guider à travers les enchevêtrements du Mexique, nous éviter de nous faire avaler par les méandres assoiffés de l’Amazone, de nous dessécher sous l’atmosphère étouffante du Gran Chaco. Tardivement, certes, les gouvernements de tous les pays qu’il parcourt librement dans sa noble traversée, ont finalement décidé d’en faire leur guide et de lui rendre la place qu’il mérite au sein de leur culture respective. Et pour lui rendre cette place, les gouvernants ont signé différents accords visant à promouvoir la protection de l’environnement, depuis le début des années 2000. Ces initiatives sont là pour rappeler ce que représente le Jaguar pour des centaines de millions de latino-américains, mais aussi pour déterminer quelle place il doit occuper dans la vie spirituelle et culturelle de ces derniers.


Suivre ces initiatives culturelles, en plus de démontrer, une fois encore les liens entre l’art et la nature, permettrait ne serait-ce que pour quelques instants, de redécouvrir l’environnement seul connu du gardien jaguar, jusqu’à présent.


Jaguar Arte vous proposons de vous guider, semaine après semaine, dans une exploration des musées et centres culturels installés tout au long de celle nouvelle route du jaguar ; ces espaces nous éclairent quant aux liens existant entre art et nature, et nous permettent d’explorer les particularités d’une telle relation, tant d’un point de vue culturel qu’environnemental. Il ne nous reste plus qu’à vous dire : suivez la route et à la semaine prochaine.


Antoine Troccaz