• Instagram
  • Facebook

© Jaguar Arte 2019

En Colombie, la nature morte réinventée

Mis à jour : 12 août 2018

Genre pictural illustre, la nature morte reste prisée par l’art contemporain. De Fernando

Botero à Maria Montoya, Jaguar constate que la peinture colombienne a su parer ces

représentations figées de nouveaux atours.


Paul Cézanne, Le Caravage, Paul Gauguin, Henri Matisse, Claude Monet, Roy Lichtenstein,…

Tous ces peintres se sont adonnés à la nature morte. Pour l’historien de l’art français

Charles Sterling, spécialiste de ce genre pictural, l’artiste dispose les éléments figés (fruits, gibier, fleurs…) de façon à « imposer son émotion poétique devant la beauté qu'il a entrevue dans ces objets et leur assemblage. »

Ainsi dans l’un de ses plus célèbres tableaux, Nature Morte à la mandoline (1957), l’aquarelliste et sculpteur colombien Fernando Botero représente un petit luth rebondi à manche court sur une table, entouré de deux fruits dodus, d’un tissu rouge, d’une partition et d’une boîte close.

Nature Morte à la mandoline (1957)

« Un jour, après avoir énormément travaillé, j'ai pris un crayon au hasard et j'ai dessiné une mandoline aux formes très amples comme je le faisais toujours. Mais au moment de dessiner le trou au milieu de l'instrument, je l'ai fait beaucoup plus petit et, soudain la mandoline a pris des proportions d'une monumentalité extraordinaire » conte le peintre à propos de l’élaboration de cette œuvre. Il y affirme pour la première fois son fameux trait aux proportions généreuses. Botero filera ensuite son goût pour le genre avec Nature morte aux fruits (1978), Oranges et ananas (1988) La sieste (1989) ou Nature morte, le journal (1989). Sur chaque œuvre l’amplitude des formes communique à l’observateur volupté et sensualité.


La sieste (1989)

Loin d’être désuète, la nature morte ne cesse d’être réapprivoisée. Native de Bogota, Maria

Montoya fait partie de la jeune génération d’artistes colombiens. Féministe engagée, fièrement queer, la jeune femme pratique la broderie, le collage et la peinture. Mêlant mots et petits dessins représentant des éléments de son quotidien, elle est reconnaissable à son style coloré, très pop. L’artiste Bogotanaise affiche sur sur compte Instagram (@mariamontoya_art) l’une de ses toiles représentant une collection de fruits sur un fond vert intitulée Bodegón contemporaneo  ( Nature morte contemporaine ).

Bodegón contemporaneo ( Nature morte contemporaine )

La disproportion des objets représentés et la vivacité des couleurs n’est pas sans rappeler les toiles de son aîné, Fernando Botero. Mais loin de prétendre s’inscrire dans une lignée de maîtres du pinceau, Maria Montoya fait preuve d’auto-dérision et qualifie volontiers en légende sa représentation de « kitsch ».


Chloé Cosson