Jean Marc Desrosiers relationship with wood engraving

Updated: Jul 4



(Texte original en français en dessous)


I encountered woodcut after a trip to the Peruvian Amazon and it was almost inevitable, even before discovering the sources of xylography, that the two would meet.


I knew the Peruvian Amazon since the 90s as I lived 5 months with the Matses indeginous community of the Rio Galvez, on the border of Peru and Brazil. I lived five difficult months : I was isolated in the forest with a small community of Native Americans who left me indelible images and the feeling of grasping another world.


I kept these sensations in myself for a long time as I couldn’t share them.


In 2014, the discovery of the painting on llanchama, the meeting with the artists of the rio Ampiyacu (see the article The colors of the Amazon forest : Santiago Yahuarcani) and then the encounter with woodcut finally freed me and « allowed » me to make these images from my position and my European culture.


I vaguely felt that I could express my feelings by combining them with Amazonian myths and iconography but on the condition of expressing them on wood…


The story of a mute forest guide miming, at nightfall, his bite by a snake, could thus become an image and return to the woods and the forest to which it belonged.



Because there is more than one analogy between the Amazon rainforest and wood engraving.


Except for making reproductions, wood engraving requires taking a distance from the idea of contours.

The hand focuses on the notches which will not be seen while the visible arises from the edge of the hollow and the void.  In the forest, the traveller will only see a mess of vegetation, however he knows he is surrounded by living things and his gaze is constantly on alert and attracted by what is hidden from him.



The engraving is written to the rhythm of a constantly surprising confrontation of black and white. The printed pattern often appears unexpectedly as if the images were there, somewhere, hidden in the "depths of the woods".


The forest is inhabited by our imagination the same way the engraved wood contains and is linked, in my eyes, to a collective narrative memory. To engrave a piece of wood is to extend a long story and I cannot help thinking that the "story cutters" of the 16th century and today are like the "runners of the woods" in pursuit of an elusive object, whether it be an animal, an Eldorado or a story...


We already know that trees keep the memory of time in their tree rings, why should they not also keep in their sapwood or in their heartwood, the memory of images that the "story cutter" is responsible for making them visible?


By Jean Marc Desrosiers


Texte original en français:

GRAVURE SUR BOIS ET AMAZONIE

Ma rencontre avec la gravure sur bois s’est faite au retour d’un voyage en Amazonie péruvienne et il était presque inévitable, avant même de découvrir les sources de la xylographie, que les deux se rejoignent.

Je connaissais l’Amazonie péruvienne depuis les années 90 pour avoir vécu 5 mois chez les indiens Matses du rio Galvez, à la frontière du Pérou et du Brésil. Cinq mois difficiles, isolé en forêt avec une petite communauté d’amérindiens, qui m’ont laissé des images indélébiles et le sentiment d’avoir approché un autre monde.

Longtemps j’ai gardé en moi-même ses sensations sans pouvoir ou savoir les partager.

C’est en 2014 que la découverte de la peinture sur llanchama, la rencontre avec ses artistes du rio Ampiyacu (voir l’article The colors of the Amazon forest : Santiago Yahuarcani) puis le contact avec la gravure sur bois m’ont finalement libéré et « autorisé » à faire ces images depuis ma position et ma culture européenne.

Je sentais confusément que je pouvais exprimer mes sentiments en les mêlant aux mythes et à l’iconographie amazoniennes mais à la condition de les exprimer sur le bois ... Le récit d’un guide forestier muet mimant, à la nuit tombante, sa morsure par un serpent pouvait ainsi devenir une image et revenir au bois et à la forêt à qui elle appartenait.


Car il y a entre la forêt amazonienne et la gravure sur bois, plus d’une affinité.

Sauf à faire de la reproduction, la gravure sur bois oblige à prendre une distance avec l’idée de contours.


La main se concentre sur les entailles qui ne se verront pas alors que le visible naît à la lisière du creux et du vide. En forêt, le voyageur ne verra qu’un désordre de végétation, il se sait pourtant entouré par le vivant et son regard est constamment en alerte et attiré par ce qui se dérobe à lui.

La gravure s’écrit au rythme d’une confrontation du noir et du blanc toujours surprenante. Le motif imprimé surgit d’une façon souvent inattendue comme si les images étaient là, quelque part, cachées au « fond des bois ».

La forêt est habitée par notre imaginaire tout comme le bois gravé contient et se rattache, à mes yeux, à une mémoire narrative collective. Graver un bois c’est prolonger une longue histoire et je ne peux m’empêcher de penser que les « tailleurs d’histoires » du XVIème siècle et d’aujourd’hui sont comme les « coureurs de bois » à la poursuite un objet insaisissable, qu’il s’agisse d’un animal, d’un eldorado ou d’un récit ...

On sait déjà que les arbres gardent dans leurs cernes la mémoire du temps, pourquoi ne conserveraient-ils pas aussi dans leur aubier ou dans leur bois de cœur, la mémoire d’images que le « tailleur d’histoire » a pour mission de rendre à la lumière ?


Par Jean Marc Desrosiers

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